interview

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THE EX:
Expérimentation,
expression, exaltation,
extériorisation


Philippe / Paris / 1993
parue dans bardaf! #3 (fanzine papier)





> chronique "Dizzy Spells"
> chronique "Instant"+"Mudbird Shivers"

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the ex en 1980
(pochette "Disturbing Domestic Peace")









































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andy (photo: isabelle vigier)




























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jos / g.w. sok (photo: isabelle vigier)



Petit groupe punk basique au début des armées quatre-vingt (cf. la réédition du premier album "Disturbing Domestic Peace" – 1980 -) le collectif amstellodamois a très vite dépassé les limites étriquées du genre (rythmiques binaires, textes sloganesques... ). Dès les albums "History Is What's Happenning" – 1982 - et, surtout, "Tumult" – 1983 -) la colère et le ressentiment sont enrichis par une réflexion plus argumentée et la musique par un souci plus poussé des nuances. Une recherche qui portera réellement ses fruits à partir de l'excellent double album "Joggers And Smoggers" – 1989 -, pour se poursuivre avec les deux disques avec Tom Cora ("Scrabbling At The Lock" – 1991 - et "And The Weathermen Shrug Their Shoulders" – 1993 -) et culminer dans leur meilleur disque à ce jour: "Instant" – 1996 -. Cette présentation chronologique est d'ailleurs elle-même légèrement en porte-à-faux avec l'éthique d'un groupe qui ignore passéisme, revivalisme et nostalgie, privilégiant le présent et l'action au passé et à l'attentisme. The Ex ne cherche pas à se ressourcer dans son propre passé - ou celui de la musique, en général - mais plutôt dans l'histoire vue comme l'articulation de mécanismes et d'événements porteurs de sens pour une remise en cause et une intervention sur le présent. Aujourd'hui The Ex est devenu une sorte de collectif qui semble réussir au mieux l'articulation entre une pensée, une attitude et une musique prouvant aux sceptiques de tous bords qu'en musique déjà des valeurs telles que l'ouverture, l'écoute, le refus des compromis sans âme peut amener des résultats aussi palpables qu'enthousiasmants. Il est assez difficile d'encore considérer aujourd'hui The Ex comme un groupe au sens commun du terme; les images du collectif, de la communauté d'idées ou de l'auberge espagnole (est-ce un hasard si les anecdotes convergent toujours vers un bâtiment "mythique", la Villa Zuid?) conviennent sans doute mieux. La configuration de The Ex change constamment: quatuor, quintet, sextuor ou fanfare dadaïste; en trois ou quatre ans le noyau historique a côtoyé e.a. Tom Cora, Han Buhrs, Han Bennink, Wolter Wierbos, Michael Vatcher, Tony Buck, Ab Baars, Tristan Honsinger ou les danseurs du Danswerkplaats et ses membres n'hésitent pas à mettre leurs expériences à l'épreuve dans le cadre d'autres formations telles que Roof, Kletka Red ou le futur projet DUb.  

- Qu'y avait-il entre vous avant le début du groupe?
Jos (G. W. Sok): Terrie et moi étions ensemble à l’école secondaire. Puis on s'est séparés pour aller étudier, lui à Utrecht, moi à Amsterdam. On allait aussi souvent voir des concerts. Le mouvement des squats commençait et il y avait souvent de chouettes petits groupes dans des maisons occupées. Tout le monde se mettait à faire un groupe, un fanzine ou une feuille d'opinions... On a commencé comme ça. A l'école de Terrie, il y avait quelqu'un qui voulait bien jouer de la batterie...
Terrie: (rires)- A l'époque, il ne se doutait même pas que jouer de la batterie avait quelque chose à voir avec le fait de compter des temps...

- C'était vers 1978-1979?
1979.

- Vous avez commencé à squatter à ce moment ou plus tard?
J: Ça date de cette époque. Terrie et sa copine squattaient à Utrecht. Quand on a commencé le groupe, il a été très facile pour moi de squatter parce qu'on rencontrait plein de gens. Puis l'étage au-dessus de chez moi s'est libéré et Terrie nous a rejoints à Amsterdam. A l'époque, on allait souvent écouter des concerts et on y rencontrait souvent un gars à qui on parlait de notre groupe (Fictions). Il s'imaginait que c'était déjà un vrai groupe et il nous a proposé de jouer lors d'un festival punk qu'il organisait. On lui a dit "oui", (rires), il ne nous restait plus qu'à aller acheter des instruments!

- Combien de temps restait-il avant le jour J?
J: Oh! Un mois je crois. Un bon mois. Mais c'était la période des vacances, entre fin juin et début août, ce qui fait que certains partaient en vacances pendant ce laps de temps. Une fois on répétait à trois, puis avec d'autres musiciens la fois suivante, etc. Mais en août, on avait quand même douze morceaux. C'était assez excitant...

- C'est alors que vous avez investi la fameuse maison du patron de l'usine à papier à Wormer?
J: Non. C'est beaucoup plus tard, vers 1981. A l’époque on était encore à Amsterdam même, dans la ville. A ce moment, quand on demandait à un groupe de jouer quelque part, ils amenaient toujours avec eux les groupes de leurs copains. Il y avait vraiment moyen de jouer régulièrement, ça marchait bien. On a fait un petit 45t… D'où je venais, il y avait aussi d'autres petits groupes de gens plus jeunes mais très enthousiastes qui s'y mettaient: Svätsox, De Groeten, Sowiso. Puis on a été invités à un festival en Italie. On a loué un bus et on est partis avec quatre groupes.

T: 50 personnes! 50 petits punks de Wormer...
J: Bien sûr tout le monde devait payer quelque chose mais pour 100 florins (2000 FB/350 FF), on avait deux semaines de vacances au soleil. Terrie et sa copine habitaient dans un petit logement pourri alors en revenant on a décidé de squatter cette maison de l'usine de papier qui était de depuis longtemps.

- Je crois qu'un aspect fondamental de The Ex est l'information. Et a ce propos, vous avez fait un disque pour expliquer aux gens du village de Wormer pourquoi vous squattiez.
J: Il y avait des idées très bizarres qui circulaient sur les occupants de cette maison et sur le fait de squatter. Du genre "Si on ose partir une semaine en vacances, la maison sera squattée quand on revient..." N'importe quoi...
T: Il faut comprendre que les gens n'ont qu'une image très négative des squats à la TV par exemple. On n'en parle que quand la police envahit une maison par la force pour expulser ses occupants.
J: On ne voit pas qu'on vit aussi tout bêtement dans un bâtiment. Qu'on le rénove, qu'on l'entretient. Que les gens y aménagent leur chambre. Et surtout que les gens vivent ensemble. Qu'il y a toute une vie sociale si ça se passe bien. Et donc avec trois de ces petits groupes (NDR The Ex, Svätsox et De Groeten) on a fait un flexi disc "Villa Zuid moet blijven" (La Villa Zuid doit subsister) où on expliquait qui on était, ce qu'on faisait là et pourquoi. La commune voulait raser le bâtiment alors qu’il est superbe. Ça aurait été débile de raser ça.

- Est-ce que l'opinion des gens qui ont eu accès à une info directe en étant vos voisins a changé par rapport à l'époque où ils n'avaient que le type d'info indirecte dont vous parliez tout à l'heure (TV, journaux... )?
J: Oui. Au début, on n'avait pas vraiment de voisins. La maison était sur le terrain de l'usine et il n'y avait que quatre ou cinq maisons un peu plus loin. Mais les gens voient bien qu'on mène une vie sociale à peu près "normale". Il a fallu un peu "lobbyer" dans la commune pour sauver la maison... Expliquer le pourquoi et le comment. Alors les gens ont un peu un autre regard sur la chose et ils se mettent à y réfléchir.
T: On a beaucoup plus de réactions positives que négatives.

- Il y a un titre de disque de The Ex qui m'a toujours amusé, c'est "Gonna Rob The Spermbank". Faut-il y voir un message anticapitaliste, antinataliste ou un simple clin d'œil ironique?
J: A l'époque de "Tumult", il nous restait des morceaux qu'on ne pouvait pas mettre sur le disque et qu'on a sortis en 45 t. Le morceau est basé sur une coupure de presse de l'époque qui racontait qu'aux USA on avait eu l'idée de créer une banque de sperme où seuls des hommes au QI très élevé auraient pu donner leur semence. En vue de créer des super-embryons et des super-bébés... On avait aussi vu cette photo prise en Israël où des assaillants sur des échelles étaient repoussés par les occupants d'une colonnie de peuplement à coups de jet d'extincteur. Il y a toute cette mousse blanchâtre qui leur dégouline dessus... On trouvait que ça collait bien au titre! (rires)
T: As-tu lu que à la question "Quel disque emporteriez-vous sur une île déserte? ".. Steve Albini a répondu "Gonna rob the spermbank de The Ex "!!!

- Quel titre de The Ex résume le mieux votre pensée? " Only Dead Fish Swim With The Stream"? "Disturbing Domestic Peace"?
T: "Disturbing Domestic Peace" était un très bon titre à l'époque... D'abord parce qu'on avait un son particulier mais aussi par rapport aux problèmes du logement. On ne montre que les squatteurs comme ceux qui rentrent " violemment " dans une maison pour l'occuper et pas la violence des forces de l'ordre qui enfoncent une porte à la hache pour vider un squat. Pour moi, ils troublent plus la "paix domestique" que les squatteurs. Puis, musicalement, c'est vrai qu'on cherchait une musique qui soit un peu différente.

- Tout à l'heure vous parliez du tournant des années septante / quatre-vingt comme une période très excitante où plein de petits groupes enthousiastes émergeaient. N'est-ce plus comme ça aujourd'hui?

T: Beaucoup moins. A ce moment, on aurait dit que presque tout le monde avait envie de commencer un groupe et que tout le monde dans le "public" trouvait ça chouette, avait envie d'aller les écouter! Il est évident qu'une telle situation ne peut pas durer. C'est très éphémère. Au bout de la dizième ou de la vingtiéme fois on se lasse. Mais entre-temps, ça aura été stimulant.
J: Ce qu'il y avait de bien c'est que dans cette scène de petits groupes, de punks, de squats, il y avait des différences. Il y avait des groupes très bizarres, très personnels; pas uniquement du genre "1, 2, 3, 4!". Mais à partir d'un moment ça devient un style. Si tu commences un groupe en jouant d'une certaine façon parce que c'est punk, c'est très dommage. C'est beaucoup plus chouette de monter sur une scène en essayant de faire quelque chose de personnel.

- Est-ce que vous ne croyez pas qu'en quatorze ans, vous avez évolué plus vite qu'une partie de vos fans du début qui ont un peu de mal à vous suivre aujourd'hui?
T (rires, embarrassé): Oui, sans doute. il ne faut pas généraliser mais ça arrive. On ne peut pas y faire grand chose.
J: Ce qui s'est passé aussi c'est qu'à un certain moment, on n'était plus si "populaires". On ne prêtait plus trop attention à nous et un certain nombre de personnes pensaient "Pfff! The Ex... On les a déjà assez vus". Puis on a à nouveau reçu un peu plus de soutien et certaines de ces personnes sont revenues nous voir et ont bien dû changer leur vision.

- Un autre aspect qui me paraît important est votre ouverture. Une ouverture à des musiciens invités qui viennent jouer avec vous mais aussi une ouverture à d'autres genres de musique...
(Grand silence, pas de réaction)

-(embarrassé) C'est plus une affirmation qu'une question mais comment ça s'est passé avec les musiciens de la Bimhuis par exemple?
T: Assez naturellement. On a commencé à aller de temps en temps à la Bimhuis comme public pour voir ce qu'il s'y passait. Huit ou neuf concerts sur dix sont ennuyeux mais au moins pour les deux autres on se dit "Eh!! Ça c'est enfin quelque chose où il se passe quelque chose de personnel, de spécial". Certains de ces concerts sont très punk dans l'esprit. Cette forme de jazz est beaucoup plus sincère que le rock parce que ça a beaucoup moins à voir avec le commerce des firmes de disques. La plupart de ces jazzmen font cette musique d'abord pour eux et peuvent à peine en vivre. Ils sont très abordables, très normaux. Pas comme le musicien rock qui se croit arrivé parce qu'il a fait un hit...

- Il y en a peut-être quand même aussi qui sont un peu hautains et prétentieux vis-à-vis du rock...
T: Ça arrive mais ils sont presque toujours dans les 8/10 ou 9/10 qui ne nous intéressent pas musicalement. L'attitude se voit dans la façon dont ils jouent sur scène. On voit tout de suite lesquels sont les plus fous et les plus ouverts...
J: Puis, il suffit d'un peu discuter ensemble pour voir si on a les mêmes idées sur la musique.
T: Ils sont souvent curieux aussi de découvrir de nouveaux sons ou rythmes de guitare.

- Et pour la musique traditionnelle, ça se passe aussi comme ça?
T: Oui aussi. Pour Brader, je lui avais simplement téléphoné. Un peu après, les Dog Faced Hermans ont tourné avec lui en emmenant un studio 8 pistes qu'il ne pouvait pas se payer, pour l'enregistrer. C'est devenu un CD... Les contacts se sont très très bien passés.
J: Pour moi, cette musique d'improvisation est la forme de musique la plus honnête qui soit. Ce sont des gens très ouverts. Parfois la musique paraît inécoutable mais c'est très personnel, complètement honnête et finalement très accessible. C'est une grande source d'inspiration.

- Terrie, est-ce que tes prestations solo sont vues dans cet esprit-là?
T: Oui, un peu. Je voulais aussi essayer. C'est assez intéressant comme terrain d'expérimentation: monter sur une scène, sans a prioris, tout à fait ouvert, et voir ce qui en sort. Parfois, c'est très mauvais... Quand on a mal mangé ou mal dormi par exemple... Ou quand on n'a vraiment pas envie de monter sur scène. Mais parfois c'est très chouette. Ce n'est pas sûr, on prend des risques. Mais il y a une tension.

- Vous avez d'autres projets de collaborations?
T: Oui, on a des projets de concerts en Hollande avec des invités de cette scène impro free. Il y a beaucoup de ces musiciens qui sont très drôles, qui ont envie de jouer avec nous et avec qui nous avons envie de jouer: le violoncelliste Ernst Reijseger par exemple, qui est vraiment fantastique, peut-être le meilleur violoncelliste du monde. il est très connu au sein de cette scène. Qu'il ait très envie de jouer avec nous, c’est un rêve pour nous.

- Vous allez essayer tous les violoncellistes...
T: Tom Cura est très approprié pour jouer avec nous parce qu'il peut aussi bien improviser que jouer de belles mélodies. Il apporte vraiment quelque chose à notre musique.

- Vous avez dû vous adapter mutuellement pour jouer ensemble (cf. fanzine Zoorganisation)?
T: Oui, mais c'est vrai pour toute collaboration avec n'importe quel invité. Il faut toujours lui laisser de la place. Finalement. c'est presque comme si à chaque nouvelle collaboration on créait un nouveau groupe. Le fait que le plus souvent ça se passe bien dans le cas de The Ex n'est pas vraiment explicable. C'est quelque chose d'abstrait, de mystérieux, de non palpable. Ça a à voir avec une sensibilité.

- Dans cette même interview, Tom raconte qu'il allait écouter du gospel dans l'église d'à côté quand il était petit... Quelle musique écoutiez-vous pendant votre enfance?
T: J’ai grandi dans le jazz. Mon père écoutait surtout ça. Et moi, à l'époque, je ne supportais pas du tout ce genre de musique évidemment !
J: Je n'ai pas écouté trop de musique. Quand j'avais quatre ou cinq ans, ma sœur avait un single de Trini Lopez et mon frère un de Vince Taylor. Plus tard, de la pop sur Hilversum 3 à la radio... Les alburns des Beatles et de Crcedance Clearwater Revival de mon frère...

- Pour revenir à Tom Cora, comment voyez-vous les différences entre les deux albums avec Tom?
J: On trouve que le second sonne plus comme un tout. Le violoncelle est devenu une partie plus intégrée à l'ensemble du groupe alors que pour le premier, il était un peu plus à l'écart.

- L'aspect positif étant cette impression de dialogue...
J: Oui, mais c'est en concert que ça s'est transformé en cette formule plus cohérente, plus "groupe".

- Comment avez-vous rencontré les groupes du label Ron Johnson records à la fin des années quatre-vingt?
J: Le garçon, Dave, qui s'occupait du label avait entendu notre musique et nous a demandé un morceau pour une compilation. Il aimait ce genre de musique bizarre. Il était camionneur et écoutait toutes ces démos dans son camion pendant son boulot. Il en a sorti plein...
T: Peut-être trop, au point de vue de l'équilibre financier du label. Il était trop optimiste. Il avait une bonne oreille pour la musique mais pas un très bon sens des affaires.

- Je trouve que des groupes à fort contenu socio-politique n'ont pas toujours une musique à la hauteur de leur message... Parfois leur musique est caricaturale; leurs textes sont trop sloganesques...
T: Je trouve que la musique et les textes sont très liés. Que la musique soit innovatrice me paraît important. La musique peut être très conservatrice, très bourgeoise. Il y a eu toute une vague de groupes américains qui chantaient des textes politiques (parce que c'était à la mode) sur de la musique totalement conservatrice. Evidemment, ils n'ont pas tenu longtemps et sont redevenus de bêtes groupes de (hard) rock. Par contre, quand je vois quelqu'un comme Han Bennink, il m'apparaît évident qu'il s'agit de quelque chose très progressiste même s'il n'y a pas le moindre texte... Ca m’inspire: bang!!!
J: Si les textes sont excellents mais que la musique est banale, autant écrire et t'abstenir de faire de la musique. Inversement, si tu fais de la musique tout à fait personnelle et /ou innovatrice mais avec des textes sans aucun intérêt, ça affaiblit aussi la musique.

- Apparemment, vous commencez la musique avant les paroles; alors comment décidez-vous parfois de vous passer de paroles et de laisser un morceau.à l'état d'instrumental (cf. "Joggers & Smoggers", "Scrabbllng At The Lock")?
T: Ces morceaux sont souvent courts. De petits morceaux qui naissent puis qui se suffisent à eux-mêmes. Il y a une petite atmosphère qui s'en dégage et puis voilà...
J: Parfois, la petite histoire qu'ils racontent, juste au moyen des instruments est tellement belle qu'il ne faut rien y rajouter.

- Début 1992, vous disiez ne pas avoir d'équivalents américains à The Ex. Avez-vous changé d'avis aujourd'hui avec par exemple des groupes comme God Is My Co-pilot ou Thinking Fellers Union Local 282?
J: Pfff... Je ne les connais pas assez bien pour dire mais ils m'ont quand même l'air différents. Il y a des groupes pour lesquels on sent une affinité en ce qui concerne leur manière de travailler, la motivation de faire un groupe, le but qu'ils se fixent... Un groupe comme Fugazi pour en citer un des très connus est un groupe stimulant: pour eux-mêmes et pour le label qu'ils ont créé qui en plus d'avoir un chouette nom (Dischord) permet à d'autres groupes de sortir des disques... Ces gens de Fugazi sont très conséquents et droits dans ce qu'ils veulent mais je vois aussi une série de différences. L'idée de base c'est à dire le respect des autres, est la même mais la suite diffère.

T: Il faut faire attention à ce genre de question parce que tu peux avoir une série de groupes qui sonnent plus ou moins comme nous mais où cela ne veut rien dire ou vice-versa. Brader par exemple sonne complètement différemment mais se rapproche de notre esprit.


Interview par Philippe / Paris / 1993
parue initialement dans bardaf! #3 (fanzine papier)

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