| interview BEIGE C'était (aussi) pour rigoler Gloria par e-mail / hiver 2002 |
Le vrai nom de Beige est Oliver Braun. Il fut découvert artistiquement par Sefan Betke (Pole), qui l'aida à débuter avec sa joyeuse musique électronique aux accents funky sur le réputé label Leaf ("I Dont Either", 2000). Plus tard, Beige trouva naturellement sa place chez Nonplace, la maison de disques de Burnt Friedamn. Il travaille actuellement comme "web designer" pour différentes agences de Cologne et Düsseldorf. Un échange de mots avec cet artiste connu pour être précis plutôt que prolifique ne pouvait être qu'électronique et concis. - En écoutant ta musique, et notamment "Im Only in it for the Money!" (Alku, 2002), on a limpression que tu essayes de réduire les éléments présents à lessentiel. On pourrait dire que cest la direction principale de tous mes enregistrements Sauf que ce nest pas du tout vrai car, en réalité, j'avoue que je ne dois jamais rien enlever car il ny a jamais eu plus. - Dans ton disque "Ein Königreich für eine Handgranate" (Nonplace, 2002) il y a plusieurs références à des accidents. T'inspirent-ils? Non, pas vraiment. Pour moi l'important avant de composer est davoir une sorte de vision, une bonne idée qui puisse déclencher le processus. Eventuellement des influences de lextérieur peuvent y être intégrées plus tard, mais elles ne sont jamais à lorigine de rien. - Tes compositions se démarquent fort d'autres productions à cause de leur côté funk. Tu t'intéresse au funk depuis longtemps? Quest-ce qui t'y attire le plus? Le bon sexe mène naturellement au funk, depuis toujours, mais je ne saurais pas expliquer en quoi le funk m'attire. Disons que cest la possibilité de dépasser les frontières, de faire quelque chose pour la tête qui soit a ussi bon pour le corps. Jaime vraiment faire danser les gens, ce qui parfois nest pas évident car avec moi ils sont aussi obligés dy mettre un peu du leur. - Le public danse-t-il lors de tes concerts? Quel public? Je ne sais pas ce que fait le public, je suis toujours paniqué et je ne le regarde jamais. Certains mont dit avoir dansé Peu de gens me l'ont dit. - Les titres de tes morceaux et de tes disques parlent souvent de la société de consommation ("Im only in it for the money!", "Non Profit", My American Express, My Big Red Car, Pfenning Inc. (Euro Fear - I don't Give a Cent Bastard!), Genua Response (Burn Lira Burn - Boycott Sunshine, Now!, etc.). Cest juste pour rigoler, ou bien tu tiens à cet aspect critique? Non, ce nest pas que pour rigoler. Cest lun des aspects les plus frustrants de notre société: toute chose est réduite au résultat économique quon peut en tirer, même la culture et lart, ainsi que la musique. Largent est la seule chose qui compte. Les gens ne me demandent jamais "Quelle musique fais-tu?", mais "Tu vends beaucoup?". Je déteste cela. - Quelle est ton rapport à ton équipement? Cela sonne parfois comme si tu le torturais sadiquement et puis que, tout d'un coup; tu essayais dêtre gentil... Je pense quon a un rapport assez relax. Je laisse pas mal de liberté à ces bestioles. Je me limite à quelques ajustements quand elles racontent trop nimporte quoi, mais en général elles font ce quelles veulent. Dailleurs je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre. - Qui est la petite fille sur la pochette de "Ein Königreich für eine Handgranate"? Cest Emma, ma petite fille. Une autre pochette avait été prévue mais elle était trop machiste En plus, celle-ci illustre le titre mieux que toute autre. Moi en tout cas je ladore, et je ne le dis pas que parce que j'en suis le père. As-tu un contact régulier avec dautres artistes de Cologne? Je vois régulièrement Burnt Friedman c'est logique - et parfois Jörg Follert de Wunder et Wechsel Garland. Mais je ne suis pas trop impliqué dans la scène musicale et je naime pas trop fréquenter les clubs. Je préfère nettement rencontrer des gens dans une ambiance privée. - On associe parfois la musique électronique de Cologne avec une certaine attitude ludique. Est-ce que cela rime à quelque chose selon toi? - Absolument pas. Rien ni personne nest amusant ici. Même le carnaval de Cologne est plein de violence alcoolique. Les gens ne rigolent jamais, cest un des lieux les plus gris de la planète. Je ne vois pas d'où devrait ou pourrait venir cette attitude ludique, et je considère que cest une chance pour moi de ne pas être né ici. - Quel est le dernier disque qui vous a positivement surpris? Le dernier Blumfeld. La musique est discutable, je veux bien ladmettre, mais les paroles révèlent du pur génie. Elles me font pleurer, tout simplement. Interview par Gloria / par e-mail hiver 2002 |