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AVANCE RAPIDE MARS 2002 |
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![]() ![]() ANDEREGG: "When Rectangles Roll Under Cities" (album / 7 morceaux / 37 min / Apestaartje, 2001) AERO: "Pretend" (album / 5 morceaux / 36 min / Apestaartje, 2001)Lan dernier, le label Apestaartje sortait une jolie compilation de remix assez particulière : les artistes ny retravaillaient pas un morceau mais la bande-son dun film expérimental déjà remarquable pour ses qualités musicales: "Alone, Life Wastes Andy Hardy" (Martin Arnold, Autriche, 1998). De ce disque, Anderegg donnait une des meilleures plages, aux côtés de celles de Fennesz, Pimmon et Steve Roden. Cest donc avec plaisir quon découvre son premier album, paru lui aussi sur ce jeune label de Chicago (co-fondé par un immigré hollandais, doù le nom). Sous une pochette très délicate où la géométrie se combine à lexploration du détail -, Anderegg (Brendon de son prénom) propose quelques beaux morceaux dinspiration post-fenneszienne. Des trouées de guitare électrique viennent y percer des textures abstraites, des basses rondes y taquinent des sons pétillants. Il serait pour autant abusif d'étiqueter Anderegg de suiveur. Son univers, assez personnel, doit également à la musique improvisée. Des rythmiques boiteuses y perturbent des nappes hésitantes, des sifflements y surgissent souvent. "When Rectangles Roll Under Cities" nannonce aucune révolution mais cest un album très réussi, et très recommandable. Presque aussi recommandable est le disque dAero - alias Koen Holtkamp, le Hollandais dont nous parlions tout à lheure. Plus abstrait, élaboré à partir dun éventail de sons plus limité que lalbum de son collègue de label (car les responsables dApestaartje sont presque tous musiciens), "Pretend" explore le champ des fréquences pures. Avec davantage de décontraction (ou moins de rigueur) quun Ikeda ou un Alva Noto, Aero étire parfois ses morceaux en de longues plages sentimentales laissant sentrecroiser les longueurs dondes. Infra-basses, ultra-sons et drones sont au rendez-vous. [xavier] >> site Apestaartje |
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![]() compilation "Deluxe Improvisation Series Volume 1" (album / 6 plages / 74 min / Deluxe, 2001) Le Deluxe est un ancien entrepôt du quartier Azabu Juban de Tokyo qui, depuis mars
2000, accueille, selon un rythme à peu près mensuel, des improvisateurs, japonais
bien sûr mais aussi étrangers (John Fahey, Annette Krebs, Andrea Neumann, Kaffe
Matthews
). Une trace de cette activité est désormais archivée sur deux CDs. On y
retrouve cette diversité de vocabulaires et de modes d'expression: de l'improvisation
délurée et très "impro" (je sous-entends par là "très proche de ce
qu'on attend de ce genre de pratique musicale") de Tetsu Saitoh, avec ses
rythmiques rebondissantes, presque caoutchouteuses à l'improvisation très liée aux
musiques traditionnelles japonaises de Ito (dont les cinq musiciens utilisent entre
autres le koto et les shamisens), en passant par la miniature retenue et méditative du Taku
Sugimoto Quartet. On reconnaît dans ce quatuor, Otomo Yoshihide et Toshimaru Nakamura
pinçant et percutant les cordes de guitares électriques rendues presque
méconnaissables. Mais, surtout, la compilation comporte deux longues plages d'une beauté
dévastatrice qui, toutes deux à leur manière, étayent la conviction selon laquelle en
improvisation comme dans toute musique il s'agit, avant tout, de dompter des sons dans un
espace-temps. Evan Parker propose une étincelante vaporisation de notes de sax
sopranino, véritable feu de Bengale sonore conjuguant vitesse et imprévisibilité et
réussissant, pendant plus de douze minutes, à maintenir sa trajectoire musicale en
tension, sans jamais tomber dans la monotonie. Enfin, perle entre les perles, Sachiko M
& Toshimaru Nakamura font dialoguer leurs ondes sinusoïdales et feedbacks de
table de mixage. Sombres nappes de basses en suspension et délicates gouttelettes d'aigus
cristallins s'associent pour donner naissance à un crescendo que, par crainte de
l'oxymoron, je n'oserai qualifier de quiétude inquiétante. Et pourtant, un morceau m'a
rarement autant apaisé, hypnotisé et mis face à moi-même. [philippe] |
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![]() DOMOTIC: Bye Bye (album / Active Suspension, 2002) Sous le
pseudonyme de Domotic, le Marseillais Stéphane Laporte est l'auteur de ce disque de
musique électronique douce et éthérée. Un travail d'humeur printanière pour un
premier album sorti après un quatre titres vinyle (aussi chez Active Suspension). En
parallèle au caractère de la saison tout juste évoquée, les chansons naissent du
contraste entre deux pôles, d'un côté l'usage de programmes informatiques très
modernes et de l'autre celui de vieux synthés-jouets sortis des papiers cadeaux
multicolores des Noëls enfantins de Domotic. Ces morceaux suivent une tendance pop très
revendiquée en ce moment par un bon nombre de musiciens électroniques français. Mais il
ne faut cependant chercher les influences de Domotic ni chez Anne Laplantine, ni chez Dat
Politics. Son regard porte plutôt vers l'horizon des dernières sorties des labels
britanniques Rephlex (Ovuca ou Bogdan Raczynski) et Warp (Boards Of Canada ou Autechre).
Dès le premier morceau Cyclatron on reconnaît l'inspiration très d'outre Manche
de ce disque par ses sonorités, mais aussi, au début de la chanson par ailleurs
excellente par l'insertion d'une petite histoire déclamée avec une diction digne
de la BBC. Heureusement, toute cette musique ne succombe pas trop facilement sous le poids
de ses inspirations, Domotic sait ajouter sa touche personnelle où des mélodies simples
et résolument pop se voient accompagnées de rythmes complexes et accrocheurs. [david] |
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![]() JAD FAIR & TEENAGE FANCLUB: "Words of Wisdom and Hope" (album / Geographic, 2002). Il ne faut pas être demi Japonais pour savoir que, depuis belle lurette, presque tous
les enregistrements liés au nom de Jad Fair promettent des cris d'excitation et un
bonheur incalculable. Mais même quelquun comme Jad peut avoir des jours
malchanceux. Malgré quelques moments inspirés, sa dernière collaboration avec Daniel
Johnston et Chris Bultman (sous le nom de Lucky Sperms) a un peu déçu mes espoirs.
Javais donc un petit a priori concernant cette rencontre récente avec Teenage
Fanclub. Heureusement mes craintes se sont vite dispersées: cet album est une vraie
merveille de pop légère et optimiste. La voix et les paroles de Jad Fair nont
jamais été aussi éprises de vampires souriants et de matins ensoleillés. En douze
chansons damour, avec des happy ends dignes des films de Billy Wilder, Jad confirme
quen matière de bonnes vibrations, il reste le meilleur allié du père Noël: "And
Ill even buy you some cotton candy, and wont that be dandy, and then
well jump into the stationwagon, and take it up to the North Pole, sit there on
Santas knee, just you and I" (Love Will Conquer). De leur
côté les TFC ne se limitent guère à jouer le rôle densemble
daccompagnement. Avec imagination et des effets inattendus, leurs arrangements et
rythmes doux sadaptent parfaitement au chant. Avec quelle liberté on respire en
écoutant les morceaux (I Feel Fine, Near To You, Vampires Claw) où la voix
nasillarde de Jad Fair sentremêle à celle de Katrina Mitchell. Ce nest pas
donc une coïncidence que les compositions les plus réussies de ce disque soient celles
qui arrivent à l'assemblage millimétré de ses deux pôles créatifs. [david] |
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Goodiepal (également connu sous le nom de Mainpal Inv.) joue du laptop. Il joue aussi de la flûte, et nhésite pas à le démontrer lors de ses concerts. Avec une sensibilité folk vraiment inattendue dans ce domaine musical, ce jeune Danois intègre les sons électroniques, les notes soufflées, les cordes de guitare et beaucoup de tintements guillerets. Le résultat - une sorte de "bourrée électronique" plutôt entraînante, avec quelques airs de fête foraine - est tantôt sympathique, tantôt carrément lourdingue. Cette dimension joyeuse de folk explosé est ce qui sauve le premier album de Goodiepal de la banalité. Car, pour le reste, la quatrième sortie du label Ski-pp - structure lilloise fondée par Dat Politics - a les mêmes allures de comptine enfantine détraquée, de jeu vidéo désuet [1], que beaucoup dautres productions électroniques récentes. Certes, la recette est très bien appliquée, et lalbum contient même quelques hits potentiels, mais peu de surprises. Doucement, cette musique ludique perdrait-elle ce qui relève dune véritable attitude pour se borner à la répétition dune formule ? Ski-pp nous apprend que Goodiepal travaillerait actuellement à la conception dun nouveau langage musical (!), dont la substance serait révélée au printemps 2003. On lattend avec curiosité. [xavier]>> site Ski-pp [1] A propos de jeux denfants, on peut lire sur le site du label hollandais Mixer (qui a sorti un mini-cd de lartiste) que Goodiepal serait le petit-fils du créateur des jouets Lego (www.stichtingmixer.nl). Comme programmeur informatique, Kristian Vester (le vrai nom de Goodiepal) a travaillé pour cette firme mais aussi pour Hitachi et Nokia. |
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![]() KEVIN BLECHDOM : "Long Thong Silver" (split 7" avec KID 606 & ELECTRIC COMPANY / 2 morceaux / Tigerbeat 6) On vient, il y a quelques semaines, de raccrocher aux cimaises du Stedelijk Museum d'Amsterdam, la gigantesque et presque monochromatique toile "Cathedra" de Barnett Newman. Lacérée en l'espace de trente secondes à peine - de cinq coups de cutter par un malade mental, sa restauration minutieuse aura duré près de quatre ans. Le hasard a voulu que je lise cette information alors que j'écoutais Long Thong Silver de Kevin Blechdom: immédiatement, le morceau et la toile défigurée se sont mis à entretenir de multiples relations, tant en positif par analogie qu'en négatif par opposition. Il me semble en effet, qu'alors que très souvent, le sampling s'apparente à de la chirurgie esthétique - donc à une intervention de haute précision cherchant à effacer au maximum toutes les sutures et cicatrices de la greffe - ce single est un exemple criant d'une manière de procéder presque opposée et beaucoup plus proche du ready made. Le sample n'y est plus une greffe mais devient le support de celle-ci. C'est l'entièreté d'un morceau (Thong Song de Sisqo [2]), presque dans sa forme originale, qui est soumis aux coups de sécateur clairement assumés de l'horticultrice sonore. Concrètement, par l'accélération et le surcollage, Kevin Blechdom livre une relecture féministe d'une chanson macho qu'elle ridiculise tout en vampirisant son efficacité rythmique. Un peu comme Bugs Bunny aime à recourber le canon du fusil vers le visage du chasseur. Et c'est là évidemment, qu'on s'éloigne de l'agression d'Amsterdam. Acte d'incompréhension d'une uvre d'art moderne dans un cas; action de compréhension et de réappropriation d'un produit de la culture populaire dans l'autre. [philippe]>> site Tigerbeat 6 [2] Le morceau inclut aussi un sample de Livin' la vida loca de Ricky Martin. Merci qux inspecteurs Gonzalez Fuster et Muller pour l'identification de ces hits. |
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![]() NAGISA NI TE: "Songs For A Simple Moment" (album / 10 morceaux / 73 min / Geographic, 2002) [Inclure ici une brève introduction à la scène dOsaka, faire
référence à Maher Shalal Hash Baz] [Passer sans trop tarder à la présentation du
héros: Shinji Shibayama] [Situer le personnage: fondateur du label Org et actif dans des
nombreuses formations depuis 1981] [Expliquer en quelques mots pourquoi on se retrouve à
parler de lui tout dun coup: lédition de "Songs for a simple
moment", compilation denregistrements de Nagisa Ni Te, groupe quil
partage avec Masako Takeda] [Arrêter de tourner en rond: décrire les dix plages du
disque, allant du minimaliste appel aux chiens qui partent de Wonder aux vingt
minutes de nostalgie contemplative de The True Sun] [Résumer en un terme:
cest du psycho-pop-folk-lo-fi, tendance "libre comme le vent"] [Affoler le
lecteur avec des données dont il na cure: Nagisa Ni Te interprètent aussi des
compositions de The Hallelujahs, autre incarnation de Shibayama] [Choisir une belle
chanson illustrative, Im not green: bonnes vibrations à cur ouvert]
[Moment poétique: comme les ondes de la mer, se succèdent ici fragilité acoustique et
débordements psychédéliques, churs ensoleillés et solos de guitare tristes à la
Neil Young, envie de sourire au ciel et invitations à sembarquer sur des bateaux
qui coulent] [Omettre toute référence au rock progressif
quoique] [Vérifier que
lessentiel a été transmis: est-ce clair quils chantent en japonais? A-t-on
assez cité Maher Shalal Hash Baz?] [Mettre en rapport des idées éloignées: le rouge de
la pochette avec la passion dont il est ici question - ça cest facile -; le côté
déglingué du son avec les Pastels - ça cest évident -; le caractère hors des
modes de cette musique et lénigmatique difficulté à lire lâge de certains
visages asiatiques - là on se perd -] [Respirer] Le bonheur, au fond, ce nest pas
compliqué. [gloria] |
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![]() NAUTICAL ALMANAC / MEERK PUFFY (split CD-R / 6 plages / 60 minutes / Veglia 2002) Soixante minutes
de fureur de "broken electronics": diverses instrumentations électroniques
récupérées et connectées en des monstres sonores hybrides composés de jouets, de
pédales, de micro synthés, d'électro-ménager, de Mac's et autres Moulinex. Le
résultat est estomaquant et s'inscrit dans la lignée bien singulière des sorties noise-improv
du petit label belge Veglia, cette sortie électronique y apportant une certaine
fraîcheur. Imaginez Pan(a)sonic mélangé à une bonne dose d'autodérision parodique
punk et vous obtiendrez un cocktail molotov labellisé Nautical Almanac. Mais,
attention, ce disque violent n'est ni un disque d'indus ni un énième disque plaisant et
rigolo. Monsieur et Madame Nautical Almanach - autrefois un groupe avec des vrais
instruments - ont choisi une démarche radicale et pince-sans-rire. Ils tissent un tapis
de sonorités d'électrons qui se court-circuitent. On retrouve leur esthétique en
pied-de-nez dans leur label (heresee) ou à travers l'époustouflant site graphique de
leurs amis de paperrad.org. Mon émotion lors de la découverte de l'étrangeté sonore de
ce disque est proche de celle ressentie à la première écoute du premier album de Köhn
- dans un registre musical bien différent. Le split regroupe quatre concerts de Nautical
Almanac enregistrés directement sur la table de mixage lors de leur tournée américaine
de 2001, au cours de laquelle ils furent accompagnés par leur camarade, l'électronicien
rudimentaire Matt Brinkman - alias Meerk Puffy qui lui clôt le disque avec deux
morceaux: l'un plus rythmé - sorte de jouissive techno primitive-, l'autre plus fluide.
Cette première sortie européenne pour ces deux groupes est d'ores et déjà un classique
dont on reprochera toutefois la longueur des morceaux, seul aléas de la reproduction sur
disque de concerts de musiques par essence informatables. [adrien] |
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